Explorer la surface et la mémoire des corps et des objets. Par le jeu de l’ombre et de la lumière, la photographie révèle les textures, les reliefs et les cicatrices laissés par le temps ou par le geste. Cette enveloppe sensible devient le lieu d'une mémoire partagée. Dépouillés de leur contexte originel, ces fragments se transforment en formes autonomes. Pour devenir, ensemble, un monde en soi.
C’est après un premier parcours dans le monde de la biologie que se dessine une pratique artistique principalement photographique, autour des questions du corps, de la mémoire et de l’identité.
Je souhaite remercier ici les institutions, les responsables de départements, les conservateurs, mais aussi les galeristes et les collectionneurs, ainsi que les artistes tatoueurs qui m’ont permis de réaliser mes travaux.
Démarche artistique
Pour son côté instantané, la photographie fonctionne comme un aide-mémoire, ou un carnet de route.
J’ai tout de suite été happée par la possibilité qu’offre la photo d’emporter avec soi un peu de ce que l’on voit. Amateure de curiosités, ma soif fut aussitôt apaisée : qu’à cela ne tienne, ce que l’on ne peut pas conserver par devers soi, on peut en garder un souvenir. Et celui-ci peut être convoqué de manière tangible à tout instant.
La première partie de ma vie est jalonnée de mystères, de secrets, de bribes de conversations surprises mais incompréhensibles. C’est le cas d’un grand nombre d’entre nous. Cela m’a appris à regarder la vie « de biais », et c’est aussi comme cela que je photographie. Les vues bien de face, bien lisibles, ce n’est pas mon monde. Mes images s’offrent à l’interprétation, font appel à la singularité du regard.
Biographie
La pratique artistique s’inscrit dans une deuxième partie de vie. De l’univers médical psychologique et scientifique biologique, je conserve un regard scrutateur qui me conduit à m’intéresser à l’enveloppe corporelle à travers son appropriation dans l’acte de marquage, à l’enveloppe de la pensée qu’est l’os de la tête et aux vestiges des premiers humains, tels qu’ils sont découverts depuis les débuts de la Préhistoire ainsi qu’aux premières formes de vie dans l’histoire de la Terre, tels qu’ils se présentent aujourd’hui, à l’état de formes minérales : les fossiles.
Repères biographiques :
Début de la pratique photographique vers 2005
Expositions en galeries, en France et à l’étranger et en musées de préhistoire
Résidences d’artiste au musée de l’Abbaye d’Arthous en 2018
et au musée d’Archéologie nationale du Domaine et Château de Saint-germain-en-Laye en 2023
Légendes des photos :
La plus grande partie des photographies de crânes a été réalisée à partir des collections du Musée des Confluences à Lyon (2009-2010), du Musée de l’Homme à Paris (2010-2011), du Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (2011-2023), de l’Institut de Paléontologie Humaine à Paris (2011-2012) et du Centre Européen de Recherches Préhistoriques à Tautavel (2013-2014).
Les photographies de peau ont été réalisées au cours d’actes de tatouage en France et à l’étranger — notamment au Centre de recherches archéologiques de Lejre, Danemark (2004-2008).
Les photographies d’artefacts paléolithiques ont été réalisées à partir des collections du Musée de l’Homme à Paris (2010-2011), du Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (2011-2023), du Musée de l’Abbaye d’Arthous à Hastingues (2019) et du Musée d’Aquitaine à Bordeaux (2018-2019).